Questions du Défi

D’autres questions pourraient s’ajouter à mesure que le Défi progresse. Les responsables des équipes seront avisés si c’est le cas.

NOTA : Les paramètres décrivent les éléments d’une analyse optimale. Les équipes sont invitées à présenter leurs analyses en tenant compte des données qui leur sont accessibles.

Les événements indésirables

Cette question est présentée en collaboration avec Dre Corinne Hohl, Dr Joel Lexchin, et David U.

Dans quelle mesure le renouvellement des ordonnances des médicaments coupables et leur exécution contribuent au fardeau des séjours dans des hôpitaux canadiens en raison d’événements indésirables médicamenteux?
Justification :
Les événements indésirables attribuables à des médicaments sont des effets imprévus et indésirables qui découlent de l’utilisation d’un médicament1. Selon une étude prospective dont les résultats ont été publiés en 2008, 12 % des visites à l’urgence d’un établissement de soins tertiaires du Canada étaient causées par un événement indésirable attribuable à un médicament2. De ce nombre, 36 % exigeaient une hospitalisation, et près de 70 % ont été jugées évitables. Des données de l’Australie révèlent que, pour 30 % des cas de patients hospitalisés à la suite d’événements indésirables attribuables à des médicaments, ce pouvait ne pas être la première fois3. Une étude prospective réalisée aux Pays Bas a révélé que, dans le cas des patients hospitalisés en raison d’événements indésirables attribuables à des médicaments, 27 % des médicaments en cause – qui étaient à l’origine des événements – ont été prescrits à nouveau à peine six mois plus tard4. La mesure dans laquelle le renouvellement des ordonnances des médicaments coupables et leur exécution contribuent au fardeau des séjours dans des hôpitaux canadiens en raison d’événements indésirables attribuables aux médicaments n’est pas connue. Il faudra recueillir des données au Canada à ce sujet afin de concevoir, d’évaluer et d’appliquer des stratégies de prévention efficaces.

Lignes directrices :
L’analyse révélera la proportion de médicaments coupables qui font l’objet d’une nouvelle ordonnance ou d’un renouvellement sur une période d’observation d’au moins six mois. Un médicament coupable est défini comme un médicament (ou un autre de la même catégorie) qui a déjà provoqué un événement indésirable. L’événement indésirable répertorié doit avoir été suffisamment grave pour entraîner une visite à l’urgence ou une hospitalisation. L’événement indésirable résultant doit être validé dans l’ensemble de données utilisé, et la sensibilité et la spécificité avec lesquelles les événements indésirables sont détectés doivent être précisées.

Numérateur :
Le nombre de médicaments coupables prescrits une nouvelle fois ou dont l’ordonnance a été exécutée une nouvelle fois au cours de la période d’observation. Lorsque plusieurs médicaments sont en cause dans l’événement indésirable, le renouvellement de l’ordonnance de ces médicaments en association ne devrait pas être pris en compte dans le numérateur plus d’une fois, sauf s’il s’agit d’événements distincts qui peuvent être pris en considération dans une analyse de données longitudinales à temps discret.

Dénominateur :
Le nombre total d’événements indésirables attribuables à des médicaments qui sont suffisamment graves pour entraîner une visite à l’urgence ou une hospitalisation.

Échantillon :
Taille minimale de l’échantillon de 100 événements indésirables attribuables à des médicaments comme dénominateur. Patients adultes.

Timeframe :
L’analyse doit comprendre une période d’observation d’au moins six mois après l’événement indésirable attribuable à un médicament, et la fréquence à laquelle le médicament coupable a été prescrit ou l’ordonnance a été exécutée une nouvelle fois au cours de la période d’observation.

Utilisation d’antimicrobiens

Cette question est présentée en collaboration avec SoinsSantéCAN

Quelle est la consommation actuelle d’antimicrobiens pour un secteur, une unité ou une affection courante en particulier? Y a t il des cas particuliers lorsque nous comparons la consommation par les patients, et que devrions nous nous attendre à observer?

Justification :
L’adaptation des microbes aux antimicrobiens en raison de leur surutilisation fait augmenter la prévalence des infections pharmaco-résistantes et, de ce fait, la morbidité et la mortalité. On estime que, dans jusqu’à un cas sur deux, l’utilisation d’antimicrobiens pourrait être inutile. Il est impératif de promouvoir une utilisation prudente des antimicrobiens auprès des hôpitaux et des organisations de la santé du Canada afin de freiner la résistance aux antibiotiques. Pour déterminer les secteurs, unités et affections courantes les plus susceptibles de présenter une résistance aux antimicrobiens et les plus propices à une amélioration de leur utilisation et de leur prescription, il faut d’abord avoir une image exacte de la consommation actuelle de ces médicaments. L’accès à des données qui peuvent illustrer la situation actuelle et servir de point de départ permettra d’y parvenir.

Paramètres :
Quelle est la consommation d’antimicrobiens exprimée en DTQ (dose thérapeutique quotidienne) par 1 000 jours patients pour chaque type de secteur, d’unité ou d’affection courante? Les secteurs en question pourraient être, par exemple, les soins ambulatoires, les soins aigus, les soins continus complexes et la réadaptation. Les unités pourraient être, par exemple, les soins intensifs, les soins chirurgicaux et la médecine interne. Les affections courantes pourraient être les ITU (infections du tractus urinaire), les ITRS (infections du tractus respiratoire supérieur), la pneumonie et les infections de la peau et des tissus mous (la cellulite, par exemple).
La réponse idéale devrait représenter la consommation en DTQ par 1 000 jours/patients pour un secteur, une unité ou une affection courante.

Santé mentale des jeunes

Quelle proportion de jeunes Canadiens âgés de 13 à 17 ans ont affiché dans les médias sociaux des messages au sujet de leur santé mentale, y ont dit être victimes d’intimidation ou y ont exprimé des pensées suicidaires au cours des 12 derniers mois?

Justification:
Le suicide est la deuxième cause de décès des jeunes au Canada, et les maladies mentales comme la dépression comptent parmi les principaux facteurs de risque de suicide. De tous les groupes d’âge, ce sont les jeunes âgés de 18 à 24 ans qui présentent le taux le plus élevé de maladies mentales comme la dépression et le trouble d’anxiété généralisée.

Les taux de réponses aux enquêtes traditionnelles étant en baisse, c’est aux gouvernements et à leurs partenaires qu’il revient de puiser dans de nouvelles sources de données accessibles au public, par exemple les médias sociaux. En effet, les taux de réponses des jeunes – et en particuliers des jeunes hommes – comptent parmi les plus faibles de tous les groupes d’âge au pays.

Les jeunes utilisent activement les médias sociaux, et environ 74 % des utilisateurs de Twitter sont âgés de 15 à 25 ans. Les médias sociaux comme Facebook ou Twitter viendraient s’ajouter aux sources de données administratives et aux données des enquêtes pour permettre une meilleure analyse, une meilleure mise en contexte et une meilleure interprétation des données sur l’incidence, la prévalence et les cas actuellement accessibles. Ces nouvelles sources pourraient même permettre de déceler rapidement des tendances et guider des activités de surveillance plus formelles.

Paramètres:
Pour répondre à cette question, les équipes devraient fournir un taux ou une proportion.

Afin d’évaluer la mesure dans laquelle des sources de données non traditionnelles pourraient compléter comme il se doit celles des enquêtes traditionnelles, les équipes doivent fournir une estimation de la qualité des données de cette nouvelle source qu’elles utilisent pour ce qui concerne la taille de l’échantillon, la représentativité et la fiabilité.

Lignes directrices:
La proposition de nouvelles sources de données potentielles doit se faire en fonction des exigences suivantes :

  • La source des données doit être déjà disponible
  • L’extraction des données doit en préserver la confidentialité et protéger les renseignements personnels
  • La taille de l’échantillon et la période visée doivent être suffisamment importantes pour rendre l’analyse pertinente
  • La source des données ne doit pas être déjà utilisée systématiquement par les autorités fédérale/provinciales/territoriales
  • Les données doivent concerner la population canadienne

Ordonnances non exécutées

Quelle proportion des ordonnances ne sont pas exécutées ou ne sont pas ramassées par le patient?
Justification :
Des millions de nouvelles ordonnances sont rédigées chaque année, mais pour diverses raisons, une part substantielle d’entre elles ne sont jamais exécutées ou ne sont pas ramassées par le patient ou par la personne qui le représente. Ce phénomène est connu sous le nom de non-respect primaire de l’ordonnance (c’est-à-dire ne pas exécuter la première ordonnance d’un médicament). L’accès à des données sur le volume et sur le type des ordonnances qui se retrouvent dans cette catégorie informera la pratique et la politique concernant la gestion des médicaments.

Spécifications :
L’analyse permettra d’établir la proportion de premières ordonnances (nouvelles ordonnances) d’un médicament qui sont exécutées dans les 30 ou 90 jours. Les renouvellements doivent être exclus.

L’analyse doit être présentée de la façon suivante :

• Nombre total d’ordonnances rédigées
• Proportion de nouvelles ordonnances présentées à la pharmacie pour être exécutées
• Proportion de nouvelles ordonnances pour lesquelles le patient vient chercher son médicament

Il serait également utile de procéder à une analyse supplémentaire par catégorie de médicaments et/ou par justification des ordonnances (le traitement continu d’une maladie chronique, par exemple).

Numérateur :
L’analyse devrait inclure le nombre d’ordonnances rédigées par des professionnels de la santé exerçant en cabinet qui figurent dans le dénominateur et qui ne sont pas exécutées dans les 30 ou les 90 jours, et le nombre d’ordonnances rédigées par un professionnel de la santé exerçant en cabinet qui figurent dans le dénominateur et qui ne sont pas ramassées dans les 30 ou les 90 jours par le patient ou une personne qui le représente.

Dénominateur :
Nombre total d’ordonnances rédigées par des professionnels de la santé exerçant en cabinet durant une période donnée.

Échantillon :
Taille idéale de l’échantillon d’au moins 50 000 ordonnances.
N. B. : les ordonnances des vétérinaires doivent être exclues.

Période :
La période couverte par le dénominateur devrait être d’au moins un an afin d’écarter toute possibilité d’effet saisonnier. L’analyse doit comporter une période d’observation d’au moins 90 jours après le moment où la dernière ordonnance comprise dans le dénominateur a été rédigée.

Programmes de gestion des antimicrobiens

Cette question est présentée en collaboration avec SoinsSantéCAN
Dans quelle mesure peut-on réduire l’utilisation des antimicrobiens dans les hôpitaux grâce aux programmes de gestion des antimicrobiens?
Justification:
Les infections résistantes aux médicaments sont en hausse en raison de la prescription routinière d’antibiotiques, qui favorise l’adaptation des microbes. Il en résulte des taux élevés de morbidité et de mortalité. Selon les estimations, jusqu’à 50 % des traitements aux antibiotiques seraient inutiles. Il est donc essentiel de promouvoir un usage prudent des antimicrobiens dans les hôpitaux et les organisations de la santé du Canada afin de lutter contre la résistance aux antibiotiques.

Cette question cherche à établir la mesure dans laquelle on peut réduire l’utilisation des antimicrobiens — en moyenne — grâce à l’adoption de programmes de gestion des antimicrobiens au Canada, et s’il y a des valeurs extrêmes qui dénotent que des programmes s’en sont particulièrement bien ou mal tirés.

Lignes directrices :
L’analyse devrait révéler le taux de réduction moyen des doses thérapeutiques quotidiennes pour un ensemble d’antimicrobiens couramment prescrits dans les années qui ont précédé et qui ont suivi l’adoption de programmes de gestion des antimicrobiens dans les hôpitaux canadiens. La référence pour l’adoption d’un programme de gérance est la conformité à la pratique organisationnelle requise d’Agrément Canada pour la gérance des antimicrobiens (http://accreditation.ca/sites/default/files/rop-handbook-2016-fr.pdf, page 41).

La réponse idéale prendrait la forme d’une moyenne des réductions en pourcentage de l’utilisation d’antimicrobiens pour un échantillon représentatif d’hôpitaux canadiens qui ont entrepris des programmes de gestion des antimicrobiens au cours de la dernière décennie. Il convient de souligner qu’Agrément Canada a ajouté en 2014 les politiques de gestion des antimicrobiens aux pratiques organisationnelles requises des hôpitaux canadiens.

Utilisation chronique des opioïdese

Cette question est présentée en collaboration avec Instituts de recherche en santé du Canada
Dans quelle proportion les utilisateurs ponctuels d’opioïdes deviennent-ils des utilisateurs chroniques? Quel est le taux de décès attribuables à l’usage d’opioïdes chez les utilisateurs chroniques?
Justification:
S’il est vrai que les opioïdes d’ordonnance constituent un traitement efficace de la douleur aiguë, peu de données en justifient l’utilisation pour le traitement des douleurs chroniques qui ne sont pas d’origine cancéreuse. Les inconvénients d’une utilisation chronique de ces médicaments sont multiples et ont récemment fait la manchette. Comprendre la relation entre l’utilisation ponctuelle et chronique des opioïdes pour les douleurs d’origine non cancéreuse, d’une part, et le nombre de décès attribuables à ces médicaments chez les utilisateurs chroniques, d’autre part, aiderait les décideurs à déterminer l’ampleur du problème.

Lignes directrices :

  1. a) L’analyse doit déterminer la proportion d’utilisateurs ponctuels d’opioïdes qui deviennent des utilisateurs chroniques. L’utilisation des opioïdes pour les douleurs d’origine cancéreuse doit être exclue.
    • Numérateur: Nombre de personnes pour qui au moins une ordonnance d’opioïdes est en cours à 6 mois et à 12 mois.
    • Dénominateur: Nombre de personnes pour qui au moins une nouvelle ordonnance d’opioïde a été rédigée dans une période déterminée.
  2. Quel est le taux de décès attribuables à l’usage d’opioïdes chez les utilisateurs chroniques?
    • Numérateur:  Nombre de décès attribuables aux opioïdes chez les utilisateurs chroniques d’opioïdes dans une période déterminée.
    • Dénominateur:  Nombre de personnes pour qui au moins une ordonnance d’opioïdes est en cours à 6 mois et à 12 mois.

Échantillon :
Taille minimale de l’échantillon de 10 000 personnes pour qui au moins une nouvelle ordonnance d’opioïde a été rédigée.

Des inhibiteurs de l'ECA et ARA

Cette question est présentée en collaboration avec Instituts de recherche en santé du Canada

L’issu pour les patients diabétiques et les patients non diabétiques qui prennent des inhibiteurs de l’ECA ou des ARA est-elle la même?

Justification:
Les inhibiteurs de l’enzyme de conversion de l’angiotensine (inhibiteurs de l’ECA) et les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine (ARA) sont des médicaments couramment prescrits. Selon une étude de Cochrane (2014) qui portait sur des essais cliniques aléatoires, il n’y aurait aucune différence dans les taux de mortalité ou d’incidents cardiovasculaires (p. ex. les accidents cardiovasculaires), toutes causes confondues, entre les patients qui prennent des inhibiteurs de l’ECA et ceux auxquels on a prescrit des ARA pour le traitement de l’hypertension essentielle. Toutefois, on ignore si cette constatation vaut également pour d’autres populations de patients. Y a-t-il un écart dans les taux de mortalité et d’incidents cardiovasculaires, toutes causes confondues, entre les patients diabétiques et les patients non diabétiques qui prennent ces médicaments, indépendamment des indications?

Lignes directrices:

    Comparaison des patients non diabétiques

  1. Taux de mortalité et (séparément) d’incidents cardiovasculaires, toutes causes confondues, sur une période de cinq (5) ans, chez les patients non diabétiques traités aux inhibiteurs de l’ECA.
    • Numérateur: Parmi les personnes au dénominateur, nombre de personnes non diabétiques prenant des inhibiteurs de l’ECA qui sont mortes ou qui ont eu un incident cardiovasculaire au cours de la période de cinq (5) ans.
    • Dénominateur : Nombre de personnes non diabétiques prenant des inhibiteurs de l’ECA à un moment donné.
  2. Taux de mortalité et (séparément) d’incidents cardiovasculaires, toutes causes confondues, sur une période de cinq (5) ans, chez les patients non diabétiques traités aux ARA.
    • Numérateur :Parmi les personnes au dénominateur, nombre de personnes non diabétiques prenant des ARA qui sont mortes ou qui ont eu un incident cardiovasculaire au cours de la période de cinq (5) ans.
    • Dénominateur :  Nombre de personnes non diabétiques prenant des ARA à un moment donné.
    b) Comparaison des patients diabétiques

  1. Taux de mortalité et d’incidents cardiovasculaires, toutes causes confondues, chez les patients diabétiques traités aux inhibiteurs de l’ECA.
    • Numérateur: Parmi les personnes au dénominateur, nombre de personnes diabétiques prenant des inhibiteurs de l’ECA qui sont mortes ou qui ont eu un incident cardiovasculaire au cours de la période de cinq (5) ans.
    • Dénominateur: Nombre de personnes diabétiques prenant des inhibiteurs de l’ECA à un moment donné.
  2. ii. Taux de mortalité et d’incidents cardiovasculaires, toutes causes confondues, chez les patients diabétiques traités aux ARA.
    • Numérateur : Parmi les personnes au dénominateur, nombre de personnes diabétiques prenant des ARA qui sont mortes ou qui ont eu un incident cardiovasculaire au cours de la période de cinq (5) ans.
    • Dénominateur : Nombre de personnes diabétiques prenant des ARA à un moment donné.

Échantillon :
Au moins 5 000 utilisateurs d’inhibiteurs de l’ECA et 5 000 utilisateurs d’ARA.
Période :
Les données liées aux utilisateurs doivent couvrir une période d’au moins cinq ans.